Penser Sans Penser
Penser Sans Penser

Penser Sans Penser

Penser sans penser, ça peut sembler paradoxal mais chacun de nous le fait. Il peut s’agir de ce qu’on nomme l’intuition. Toutefois, c’est quoi l’intuition et de quelle type d’intuition on parle exactement ? Que l’on soit conscient de disposer de cette faculté ou pas, il est intéressant de savoir qu’on n’a pas besoin d’user de la pensée pour résoudre tous nos problèmes. D’ailleurs, dans certaines situations décisives, la pensée n’a pas le rôle principal pour trouver la meilleure issue.

Intuition


Beaucoup de philosophes, d’écrivains, de scientifiques, … trouvent leur source d’inspiration au-delà de la pensée. Socrate, le philosophe grecque, était très connu pour répondre aux questions des personnes ou de ses disciples sans réellement connaître la réponse. D’ailleurs, sa fameuse citation « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien », montre que les autres savent mieux que lui et suite aux questions qu’il pose, la réponse arrive à travers lui ou à travers les autres.


D’où alors ces philosophes, ces écrivains ou ces scientifiques captent ces informations qui dépassent le raisonnement conscient et qui sont au-delà de la pensée courante ?


Dr McCraty, Directeur de recherche à l’institut HeartMath (cet institut effectue des recherches sur l’intelligence du cœur) subdivise l’intuition1 en trois types : connaissance implicite, sensibilité énergétique et intuition non locale2.

La connaissance implicite est celle qui nous fournit subitement une solution à nos problèmes alors que nous n’y pensions même pas – lorsque nous conduisons la voiture, nous mangeons, …. Ce type d’intuition est traité par notre inconscient. La sensibilité énergétique, c’est notre capacité à sentir ou détecter les énergies qui nous entourent – environnement ou personnes. Enfin, l’intuition non locale, c’est de connaître à l’avance l’issue d’une situation ou de capter des informations par rapport à quelque chose sans connaître d’où cela peut provenir. Par exemple, les hauts sportifs peuvent déjà savoir le prochain mouvement de la balle avant même que l’adversaire ne fasse l’action. Aussi, une maman peut sentir que quelque chose est arrivé à son enfant, tout en étant à des kilomètres loin de lui.


Ces informations, captées par l’intuition, baignent dans un environnement au-delà du temps et de l’espace. Aussi, notre inconscient peut lui-même traiter ces informations et nous fournir les réponses souhaitées. De là, la partie consciente et rationnelle n’est pas l’unique maître, auquel on doit toujours se référer. En effet, il nous faut reconnaître le pouvoir de cette partie cachée qui de loin et dans des situations complexes, représente notre meilleur atout.


Penser Sans Penser


Dans son livre « Blink : The Power of Thinking Without Thinking », l’auteur M. Gladwell nous présente différents cas réels où le pouvoir de ne pas penser résout mieux les problèmes complexes en comparaison au raisonnement logique, surtout lors de situations urgentes.

Par exemple, il nous présente le cas d’une statue qu’un fameux musée devait acquérir. Une armada d’avocats, de géologues, d’archéologues, se sont attelés á la tâche pour vérifier son authenticité. Alors, des rapports d’une centaine de pages ont été rédigés avec un nombre hautement considérable d’heures de travail. Cependant, lorsque certains experts de haut niveau ont juste vu, pour la première fois, la statue, chacun voyait quelque chose qui clochait durant les deux premières secondes et ne pouvait pas fournir un raisonnement logique pour expliquer le hic. Cette première impression était la bonne. Bien que des milliers de données aient été collectées pour pouvoir juger de l’achat ou non de la statue, rien ne pouvait diriger la bonne décision. En se basant sur l’impression de ces experts, plusieurs failles ont pu être détectées et la statue était bien une fausse œuvre d’art. C’est bien cette intuition qui a su éclairer le chemin vers la bonne décision.


Plusieurs autres exemples (la campagne publicitaire de Coca-Cola et Pepsi, la guerre de sécession, l’élection d’un président américain, les erreurs policières, etc.) sont exposés dans ce livre. A travers ces exemples, l’auteur nous montre les différences entre l’effet du raisonnement logique et celui intuitif. On apprend que moins on sait et plus on évite de jongler avec beaucoup de données pour prendre une décision ou émettre un avis, plus on s’approche de la meilleure décision. Nous sommes noyés dans l’information et notre conscient ne sait pas très bien nager dans ce tumulte d’informations.

Par exemple, les experts qui ont pu déceler, dès la vue de la statue, qu’il y a quelque chose qui cloche et ils se sont fiés à leurs instincts, avaient raison. Bien sûr, à moins que tu ne sois expert comme eux, tu ne peux pas avoir cette flamme de connaissance implicite dont ils disposent. L’inconscient de ces experts dispose d’une large base de connaissances à laquelle il va comparer
les données reçues lors de la vue de la statue.

D’ailleurs, notre inconscient est un super-ordinateur qui peut traiter 20 millions de bits d’informations par seconde alors que notre conscient ne traite que 40 bits par seconde3. Il est ainsi suggéré, lorsque nous avons différentes
variables, que notre choix personnel est compliqué, que l’on se pose une myriade de questions et d’analyses, de laisser notre inconscient agir, ou en d’autres termes, notre instinct juger. D’ailleurs, cet instinct, dont l’auteur mentionne, n’est autre que l’intelligence de notre cœur.

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A l’encontre, lorsque nous avons une question logique et rationnelle, avec des choix directs n’impliquant pas beaucoup de variables (par exemple, acheter une glace à la fraise ou à la vanille, des achats pas chers, des questions faciles), on peut pousser l’analyse et réfléchir. Ça peut sembler paradoxal et non conventionnel de prendre le temps de réfléchir pour des décisions d’importance mineurs et de prendre moins de temps pour des décisions majeures. Toutefois, une étude scientifique, parue dans le prestigieux journal Science et exposée dans le livre, a confirmé ce paradoxe.


D’ailleurs, les plus grands hommes d’affaires, vous diront qu’ils se sont servis de leurs intuitions pour prendre les décisions les plus critiques. Saviez-vous que Georges Soros, un financier multimilliardaire, se fie beaucoup au raisonnement de son inconscient. Il est, certes, expert dans son domaine. De là, il prend ses décisions en changeant sa position d’investissement rien qu’à cause d’une douleur dans son dos. Il laisse son inconscient, son supercalculateur, faire le travail pour lui et l’informer. C’est ce qu’on appelle se servir de la connaissance implicite.


Intelligence


La source lanceuse d’alerte pour ces décisions et qui commande les différents organes du corps, n’est autre que le cœur. Par exemple, Dr McCarty a mené une expérience où il a pu confirmer que le cœur savait 5 secondes d’avance quelle type d’image allait susciter des émotions de calme ou de frustration chez les participants de l’étude. C’est ce qu’on appelle l’intuition non locale. Ainsi, le cœur est le premier qui reçoit ces informations et les transmet après au cerveau2. Notre cœur ne se trompe jamais. D’ailleurs, ceux qui arrivent à combiner entre l’analyse rationnelle et le jugement instinctif sont gagnants.


La science est venue confirmer ce que des philosophes, des érudits, des mystiques d’antan savent déjà. Par exemple, le philosophe Nietzche a dit : « Parmi toutes les variétés de l’intelligence découvertes jusqu’à présent, l’instinct est, de toutes, la plus intelligente ». Ce que Nietzsche entend par l’instinct c’est l’intelligence du cœur et non cet instinct de survie ressenti dans l’estomac (gut feeling). La science a montré que le cœur converse plus avec le cerveau et lui envoie plus d’informations qu’il n’en reçoit. Le cerveau traite ces dernières et les envoie aux différents organes du corps y compris les intestins. In fine, le cœur, symbole de sagesse et d’intuition, n’est pas un mythe où seuls des élus peuvent y accéder.


On peut alors se poser la question, mais comment être plus intuitif et se rapprocher de cet instinct pour nous guider ? Comment être certain que c’est notre instinct, notre cœur, qu’on écoute et non autre chose ? N’oublions pas que notre mental et notre état émotionnel peuvent nous jouer des tours. De là, ce qu’on croit provenir du cœur, peut provenir en réalité de ces derniers, c’est-à-dire de nos croyances, de notre conditionnement. Par ailleurs, il nous faudra apprendre à écouter notre cœur et à distinguer sa voix de toutes les autres.


Plusieurs techniques existent pour activer le cœur chaque jour. Je trouve que la meilleure des méthodes et la plus simple, est la cohérence cardiaque. Cette méthode peut être utilisée en temps réel et ne nécessite pas beaucoup de temps.

Ce sont des techniques développées par l’Institut de Recherche HeartMath (plus d’une trentaine d’années de recherche) et ayant fait leur preuve. La cohérence cardiaque est au centre pour harmoniser notre intelligence mentale, émotionnelle, physique et spirituelle. Le coeur, le cerveau et le corps sont synchronisés. Ces techniques font appel aux qualités du cœur en ressentant de la compassion, de la bienveillance, de l’appréciation. Il suffit de se focaliser sur le cœur, de ralentir sa respiration en s’imaginant qu’elle provient de ce dernier et de ressentir une des émotions citées ci-dessus.

Ce qui est bien avec ces techniques, c’est que l’Institut HeartMath a développé un outil basé sur le calcul de la variabilité de la fréquence cardiaque4 pour mesurer notre cohérence en temps réel. En effet, C’est un outil de biofeedback (avoir un retour d’information) nous permettant de nous entraîner comme les sportifs de haut niveau. De plus, les bénéfices sont énormes allant de l’amélioration des fonctions cognitives (clarté mentale, prise de décision, super-mémoire, super-apprentissage), à la résilience, l’intuition profonde, l’accès à notre subconscient et beaucoup plus.


Et vous, activez-vous souvent votre cœur ? Faites-vous confiance assez souvent à votre intuition ?

Credit Photo by Maksym Tymchyk



1 L’intuition est une forme de connaissance immédiate qui ne recourt pas au raisonnement (Dictionnaire Le Robert)
2 Doc Childre, Howard Martin, Deborah Rozman, and Rollin McCraty. Heart Intelligence, Connecting with the intuitive guidance of the heart (2016)

3 Bruce Lipton. Biologie des Croyances (2016)

4 La variabilité de la fréquence cardiaque est la mesure de la variation des battements de cœur d’un pic à un autre. C’est un indicateur utilisé pour mesurer l’activité du cœur et du système nerveux autonome (système responsable du bon fonctionnement de notre corps). Il reflète notre état émotionnel et notre santé.

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