Les Mots
Les Mots

Les Mots

Les mots sont un outil qu’on utilise pour communiquer et plus. Les mots peuvent nous motiver, enivrer, faire rêver, blesser, humilier,…. Chaque mot est chargé d’une énergie, d’un mouvement, d’émotions qui vous chargent ou vous déchargent, vous font sentir illimité ou vulnérable… Est-ce que les mots qu’on utilise quotidiennement peuvent nous conditionner et nous programmer à longueur de journée ? Peuvent-ils constituer des ordres à notre corps physique ? Que cachent-ils ?

1. Un peu d’histoire

L’étymologie est la science qui étudie l’origine et l’évolution des mots à travers le temps. L’invention des mots a évolué à travers les siècles et la plus ancienne des écritures en cunéiforme (signes graphiques en forme de clous ou coins) a vu le jour en Mésopotamie (l’Irak actuel). D’ailleurs, la plus ancienne des tablettes écrites date de l’ère sumérienne, il y a plus de 4000 ans. De là, les chiffres sont nés avec les lettres lorsque l’homme s’est intéressé à l’écriture [1]. Toutefois, on peut s’interroger si la parole a bien précédé l’écriture car l’enfant apprend à parler avant même d’écrire.   

Dans son livre « Human by Design », Gregg Braden expose le gène FOXP2 qui nous confère la capacité de pratiquer le langage. Nous partageons ce gène avec les chimpanzés mais la version humaine a subi une mutation précise qui n’est pas évolutive mais plutôt rapide [2]. Ainsi, les humains peuvent parler à l’encontre des chimpanzés. Cette mutation s’est produite concomitamment avec l’apparition de notre espèce. En effet, les scientifiques ont pu découvrir que notre espèce est apparue depuis 200.000 ans [3]. De là, une mutation, dont la théorie d’évolution ne peut pas expliquer, a permis de fusionner deux chromosomes du chimpanzé en un seul chromosome, devenu notre chromosome 2 pour donner l’espèce Homo Sapiens. Ainsi, jusqu’à ce jour, la science n’a pas encore élucidé le mystère de la mutation du gène FOXP2, la fusion du chromosome 2 et aucun ancêtre de notre espèce n’a été trouvé selon la théorie de l’évolution.

On peut dire que l’acquisition du langage et des mots précède de loin celle de l’écriture. D’un point de vue scientifique, en partageant le point de vue de Gregg Braden, ces mutations peuvent être perçues intentionnelles et dirigées. Elles peuvent avoir fait appel à une technologie ou à une intelligence très sophistiquée qui existe déjà il y a 200 000 ans et dont la science actuelle n’a pas pu élucider.

2. Langage, mot

Dès qu’on a appris à parler, on apprend à communiquer avec nous-mêmes et avec les autres. D’ailleurs, puisqu’on passe la plupart de notre vie à communiquer, autant utiliser les meilleurs mots car cela stimule nos réponses au niveau mental, émotionnel et physique. La source des mots n’est autre que nos pensées et nos émotions.

Ainsi, changer nos mots affecte aussi notre manière de penser, nos ressentis et par-delà le monde qui nous entoure. Comme le dit l’adage « Change your Word, Change your World ». Cela me rappelle une publicité, où l’on voit un aveugle assis avec une pancarte sur laquelle est écrit « Je suis aveugle, merci de m’aider ». Les passants ne s’intéressaient pas trop à ce monsieur et très peu de personnes lui filaient quelques sous. C’est alors qu’une passante a vu la pancarte et elle a changé le contenu de l’écriteau. D’un coup, toute personne qui passait par là, lui donnait des sous et sa boîte se remplissait d’argent. En réalité, la dame n’a fait que changer les mots, en écrivant : « C’est une belle journée et je ne peux pas la voir ». Ces mots ont touché les passants car nous sommes des créatures émotionnelles. Les mots transportent derrière eux des émotions. Ils peuvent nous rapprocher ou nous éloigner des autres.

Essayer pendant une journée, d’observer les mots que vous utilisez car ils représentent aussi l’image que vous avez de vous-mêmes. Les mots ne sont pas juste faits pour communiquer. En changeant nos mots, nous changeons nos pensées et par-delà nos actions, nos habitudes et nous façonnons notre réalité. Nous verrons un peu plus bas le pouvoir des mots sur notre mental.

« Vos croyances deviennent vos pensées, vos pensées deviennent vos mots, vos mots deviennent vos actions, vos actions deviennent vos habitudes, vos habitudes deviennent vos valeurs, vos valeurs deviennent votre destinée » – Ghandi

Les mots qu’on utilise fréquemment renforcent nos connexions cérébrales. Ceux qu’on utilise rarement ne seront pas retenus. D’ailleurs, l’enfant dès son plus jeune âge et grâce aux neurones miroirs, il va pouvoir reproduire ce qu’il observe dans son environnement. Une étude [4] effectuée au sein de 42 familles, sur l’interaction entre les parents et leurs enfants âgés de 7 mois à 3 ans, a permis d’observer que 86-98% des mots utilisés par les enfants à 3 ans sont ceux de leurs parents. Les mots étaient les mêmes que ceux utilisés par ces derniers, de plus, leur nombre, leur longueur et le style adopté étaient également identiques. On peut dire que les mots sont faits pour programmer notre manière de penser et affecter notre réalité dès notre plus jeune âge. D’ailleurs, les enfants des familles pauvres avaient un vocabulaire succinct et pas riche en mots et ceux des familles plus aisées, leur vocabulaire était plus varié et riche en mots. Bien évidemment, les mots structurent nos comportements et nos actions tout au long de notre vie, que ce soit à la maison, à l’école, au travail, etc.

3. Pouvoir des mots

La science connue sous le nom de Programmation Neurolinguistique – PNL – étudie comment le langage verbal et non verbal affecte notre système nerveux. La PNL est le langage de notre subconscient. Ainsi, cette discipline permet d’offrir un cadre pour gérer nos propres comportements mais aussi les comportements des autres. Un des schémas classiques de la PNL est « la commande négative ». Par exemple, si vous dites à quelqu’un « Ne pense pas à un manteau rouge », il devra penser à un manteau rouge pour comprendre la phrase.

Les lecteurs de cet article ont également lu |  C'est quoi la Réalité ? - Partie 2

D’ailleurs, l’utilisation de ces commandes négatives, par inadvertance, que ce soit avec les enfants ou aussi avec les adultes, peut engendrer le comportement contraire à celui désiré. C’est une sorte de programmation. En effet, dire « Ne verse pas beaucoup de sirop », « Ne te mets pas en colère par rapport à ce que je vais te dire », « Ne fais pas ci ou ça », …. programme l’autre à faire le contraire. En vue de cela, la personne qui vous écoute, pour comprendre ce que vous dites, doit se représenter le comportement non désiré pour comprendre ce qui a été dit puis le nier. D’ailleurs, cela se fait inconsciemment et notre subconscient ne comprend pas directement la négation. Ainsi, si vous dites à votre enfant « Ne saute pas », son cerveau envoie une image de lui en train de sauter, pour vous comprendre, et c’est ce qu’il retiendra. Essayer de vous exprimer de manière positive et de reformuler vos mots et vous verrez que les autres seront plus réceptifs. D’ailleurs, cela va changer votre perception de voir les choses en vous focalisant davantage sur ce que vous voulez et non sur ce que vous ne voulez pas.

Aussi, à partir des mots de la personne qui converse avec nous, nous pouvons savoir quel est son système de représentation interne pour mieux communiquer avec elle. Généralement, nous avons trois systèmes : auditif, visuel, kinesthésique. Les mots utilisés par les personnes auditives sont « je ne l’entends pas ainsi », « ça m’enchante d’aller avec vous »… Alors que les personnes kinesthésiques diront « ça me touche beaucoup », « je sens que cette fois ça va marcher ». Les personnes visuels diront « je vois que ça ne marche pas »,  « je peux jeter un coup d’œil à cela »…. Certaines personnes utilisent les trois systèmes ensemble. D’ailleurs, les écrivains, les poètes, les orateurs, etc. font appel à nos différents sens pour toucher les différentes catégories de personnes.

Si vous voulez approfondir vos connaissances en PNL, je vous suggère de lire les travaux des deux pionniers de ce domaine, Bandler et Grinder.

Les mots cachent derrière eux des émotions, une énergie, un pouvoir. Sharone A. Klinger dans son livre « Power Words » nous dit que grâce à leur énergie, ils permettent d’attirer à nous le même type d’énergie, de personnes et de situations. D’ailleurs, nous pouvons sentir l’énergie des mots.

Essayer de fermer vos yeux et de penser au mot « Haine ». Retenez ce mot dans votre cœur et votre esprit. Respirez son énergie, notez comment vous vous sentez émotionnellement et physiquement et comment ce mot « Haine » remplit votre énergie. Prenez quelques moments et respirez profondément en relâchant ce mot et son énergie derrière vous. Maintenant remplacer-le par le mot « Amour ». Sentez la qualité des émotions provenant de ce mot, son énergie, sa couleur, sa forme. Noter comment vous vous sentez dans votre corps, cœur et esprit. Remplissez-vous de son énergie et ressentez l’amour que vous sentez. Ouvrez vos yeux et vous êtes toujours rempli de cette énergie.

Lorsque vous sentez de la haine, votre corps se rétracte, se durcit, vous vous rappelez des personnes, des situations que vous n’aimez pas ou qui vous ont blessé. A l’encontre, avec le mot amour, vous vous sentez plus léger, plus ouvert. Ainsi, il vous incombe de choisir l’énergie qui vous fait le plus de bien et de reprendre votre pouvoir sur votre environnement.

Une des astuces que nous délivre Klinger, dans son livre, lorsqu’on se penche pour récupérer un objet par terre et de dire « Abdominaux ». En retenant ce mot dans notre esprit, on déclenche comme une commande qui va focaliser notre attention au niveau de notre estomac, nos abdominaux vont se rétracter et ils vont nous supporter dans notre mouvement. L’auteur nous livre les mots qui déclenchent des actions et les mots qui nous motivent. Par exemple, lorsque vous procrastinez, essayer d’utiliser la force du mot « Action », en ressentant ce que ça déclenche en vous, une image, ce que vous ressentez…. (moi, ça me rappelle le mot Action qu’on prononce pour filmer une scène et je sens que ça me prépare à faire une action). Autre exemple, pour vous motiver, lors de moments difficiles, on peut utiliser le mot « Résilient ». Certainement, il faut vous connecter au mot intérieurement et puiser dans son énergie pour remplir la vôtre.

En insérant, de nouveaux mots, dans notre langage quotidien et en les utilisant fréquemment, on commence à changer nos pensées et par-delà nos habitudes et nos comportements. Les mots sont des intentions et permettent de créer notre réalité. Pour les utiliser, il ne suffit pas de les prononcer mais d’exploiter leur force en les respirant et en se focalisant sur leur énergie.

« Le langage façonne notre façon de penser et détermine ce à quoi nous pouvons penser »- Benjamin Lee Whorf

Les mots peuvent aussi mentir sur notre vraie essence, c’est pour cela qu’il faut dénicher ce qu’ils cachent comme informations. Par exemple, les mots « Protection », « Victime », « Sécurité », si nous essayons de ressentir et de visualiser l’énergie derrière, nous ressentirons que nous sommes vulnérables, impuissants, voire nous cherchons même à nous cacher, à nous retirer. Par contre, les mots « Courage », « Responsable », « Fort », nous font sentir illimité et puissant.

Vous pouvez vous amuser à choisir les mots qui vous siéent le plus et trouver ce qu’ils cachent pour dénicher l’illusion derrière et révéler la réalité qui peut aller au-delà même des mots.

Credit Photo by Ricardo Frantz on Unsplash


[1] A. Deledicq. Le Monde des Chiffres. Editions Circonflexe (1997).

[2] K. Smith. Evolution of a single gene linked to language. Nature (2009).

[3] J. Henry. Genetics and origin of homo sapiens. Med Sci (Paris) 2019 Jan ; 35(1) :39-45

[4] B. Hart, T. R. Risley. The early catastrophe, The 30 million word gap by age 3. American Federation of Teachers, (2003).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *